Trouve un autre rocher…

Posté le Lundi 29 décembre 2008

ellipse @ 21:30
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Je sais que t’as le coeur gros mais… il faut le soulever.

Posté le Mercredi 15 octobre 2008

Tu vois, il n’y a qu’un élément positif pour tout le reste de négatif, ces temps.
Je fais, je dis, je pleure n’importe quoi, et j’en ai marre de te le raconter. Ecrire, c’est chouette pour moi mais ça fait chier tout le monde. Parler. « Pourquoi pas le silence ». Parce qu’à la fin du bouquin, il se jette sous le métro. Choquée.
Deux nuits absolument affreuses, une belle surprise que mon inconscient s’est acharné à gâcher alors que je n’attendais que ça depuis longtemps, l’intérieur du corps et du cœur qui fait mal, je ne sais pas l’expliquer et il reste attentif, compréhensif à ma respiration qui devient chaude et mes reniflements qui s’aggravent. Je m’excuse, souvent, il pardonne, tout le temps. Il dit « c’est normal ». Nan. J’ai 20 ans, on à la vie devant nous, je devrais transpirer au lieu de pleurer, courir, manger gras, faire l’amour au lieu de le défaire. Mais j’ai compris maintenant. Promis. Je fais taire tout ce qui se bouscule. Je refuse de déchirer ce que j’ai mis si longtemps à obtenir et à accepter comme étant mon morceau de bonheur personnel. Si je le perds pour des caprices, en fait, si je le perds tout court, je suis foutue. Je ne lui dirai jamais assez tout ce qu’il est de bien, et tout ce qu’il m’apporte de bon depuis un an, tout ce qu’il mérite et tout ce en quoi il a le droit de croire, il l’obtiendra, j’en suis sûre. « On » ne fait pas de mal aux gens biens. Bien sûr en ce moment c’est difficile parce qu’on a tous les deux nos vies et que le déménagement ne nous permet pas de les partager correctement, bien qu’on fasse le maximum. Bien sûr on a des projets, et j’aimerais qu’on les concrétise mais ça implique d’attendre et je ne sais pas le faire. Il y a ce refrain auquel il prétend que je dois m’habituer : oui, les gens partent. Tous. J’ai compris, j’en veux pas, mais d’accord, apprends moi la vie, met-moi en confiance. J’ai peur de ne faire que des bêtises, et même L. dit « fais gaffe ». Je sais tout ça. Je suis un peu en sursis, tu vois. Mais j’vais faire les efforts qu’il faut.

 

J’te raconterai bien la soirée sur les quais où on ne m’a pas beaucoup parlé, ni moi d’ailleurs, et où j’ai bu pour me donner une contenance. J’te la raconte pas parce que j’ai volé de l’argent aux pauvres et que je ne me rappelle rien de ce que j’ai pu lui dire dans la nuit qui ait pu me faire pleurer autant. Mais je me souviens de la lumière aveuglante des bateaux mouches, et ça, c’était chouette.
J’envisage peut-être, d’arrêter d’écrire ici. Ca ne donne rien de bon, je crois. Je ressasse beaucoup trop. Je n’avance pas, et je n’évacue rien. Je vis dans un marasme, je n’arrive pas à m’en débarrasser. Je ne sais pas. Advienne que pourra.

ellipse @ 20:46
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Au son des mascarades on pourra toujours se marrer…

Posté le Lundi 6 octobre 2008

Je survis grâce à Noir Désir. Comme une révélation un samedi soir vers 2h du matin au milieu de la foule. Ne retenir que la magie des notes de « Comme elle vient », et son image à travers la porte fenêtre quand il arrive, tard. Dimanche était pourri. Moral pourri, larmes, tu sais tout ça. La période d’intense fragilité ou tout prend sens d’un coup. Ou tout semble insurmontable, décevant. Mais je me bagarre, promis. Il y a certaines personnes qui percent à jour, des voix graves qui me parlent de trucs inintéressants, et je rebondis bien sûr, c’est ça, être sociable. Je m’auto congratule et mon taux de confiance en moi chute à 5h du matin. Va savoir pourquoi.
Un appel de Papa comme un revenant. J’avais presque oublié sa voix, et bizarrement ça me fiche un minuscule sourire pendant une dizaine de minutes, puis ça retombe. Bousculons les phrases et les sentiments, puisque de tout façon je suis moi-même dans un désordre impossible. Je ne saurai pas te dire franchement si je vais bien. Je suis d’un lunatisme déconcertant. L’impression que tout est fragile moi y compris. Je fuis sa chaleur autant que je la cherche, parfois les larmes sont au bord et ne veulent simplement pas couler parce que pas encore quoi, y’en a marre retiens-toi. Je dois sembler distante, il crois que je boude, non. Je me maîtrise, juste. Je deviens une grande fille. Je voudrais dans ces moments-là, devenir toute petite et me recroqueviller dans un coin le temps que ça passe. Me regarde pas j’suis moche, les larmes creusent mes cernes et j’ai les yeux tous rouges, puis je m’aime pas, comment tu peux m’aimer toi. C’est un bordel de points d’interrogations, je leur trouve mes propres réponses, des renoncements et carte blanche à la fatalité, pas forcément la meilleure solution, je sais. Pessimisme, quand tu nous tiens.


Maman dit je t’aime au téléphone et me demande si je vais continuer longtemps de pleurer tous les dimanches quand il part, je réponds je sais pas, je me cherche des excuses, j’en ai pas, j’suis juste faible, j’en ai juste besoin, ça m’épuise mais c’est bon pour moi, de toute façon en quoi ça te regarde, ça ne t’empêche pas de dormir de savoir que ta fille va mal un jour sur trois, et lui ça ne l’empêche pas de rentrer chez lui, puisque c’est comme ça que ça doit se passer. « Mais j’vais revenir ». Ouai, jusqu’au jour où. J’sais pas, j’le sens, c’est un moche sentiment qui me bouffe le cerveau. Je me tais, je dis « Oui je sais. Quand ? ». Je compte les jours, je cherche à bâcler mes journées, si seulement le temps pouvait passer plus vite, si on pouvait oublier qu’on est en train d’attendre.
Bien sûr je ne suis pas un cadavre, j’ai des périodes où je vais bien. Mais tu sais quoi j’ai même pas envie de me justifier, ni de me faire passer pour une pauvre malheureuse parce que je suis loin de l’être, je sais aussi relativiser. J’ai simplement besoin d’arriver à comprendre, au moins à l’expliquer clairement. Si on pouvait y mettre un point, l’accepter et vivre avec comme si c’était normal.
J’enlace, je serre, puis je me rétracte en me disant que je le gêne. J’aimerais bien qu’on discute mais ce serait de la redite et je ne sais pas par quoi commencer. Regardons un film, dormons.
Je suis une fille qui vit dans le passé. Pas forcément dans le regret, juste, je vis tout à reculons. Jamais sur le moment. Les souvenirs s’embellissent ou deviennent encore plus horribles à la remémoration que sur le coup. J’ai le système qui déconne. Dieu aurait du inventer un grenier pour la tête, où ranger tout ce qui dérange et où on irait fouiller seulement quand on le voudrait, quand on aurait le temps.

 

Puis j’trouve pas la rime au mot «avenir » et ça m’inquiète. Tu vois les films où les méchants sont enfermés dans des pièces avec les murs qui bougent et se resserrent sur eux ? Bah j’suis ça, j’me sens compressée. Oppressée. On me demande « ça va » je réponds oui, machinalement. J’essaye de faire quelques projets à court terme, j’en réalise aucun. J’ai marqué le 28 Novembre d’une pierre blanche, il y aura de la magie pour nous deux. J’fais des cadeaux, j’ai l’impression d’être utile. Puis je me couche tôt, et je ne suis jamais rancunière, à tel point que j’me dis des fois « trop bonne trop conne ». Je prends mal les choses, et je ne dis rien. Je ne cherche ni la bagarre ni les excuses, et j’ouvre grand les bras quand la personne revient, comme si de rien n’était. J’t’assure, ma personne a un problème, et j’ai un problème avec ma personne. Un problème invisible faut croire, paraît que je joue bien le jeu… Paraît qu’on dirait pas. Des fois, même moi j’y crois.
Récemment j’ai gagné une amie de clin d’œil. Une qui comprend tout un tas de choses, une qui me parle de plein de trucs qu’on partage, et qui m’appelle parfois pour rien. Une qui ira loin j’espère. C’est un peu ma victoire du mois de septembre que j’ai avoué sur une carte postale du Baiser de Klimt.
Je supporte mal les adultes et leur discours tout prêt qui sonne toujours pareil. « Tu verras quand tu seras grande », « Je sais pas si tu te rends bien compte… ». Des fois j’aimerais qu’on se souvienne de mes 20 ans et de la faculté que j’ai toujours eu à m’adapter. Je comprends les choses, je suis pas conne. Je suis lucide. J’en ai marre d’avoir toujours 12 ans dans leur tête.
Alors j’amplifie mon indépendance et mon autonomie, au risque de paraître égoïste.

Tout est plus simple quand on ne dépend que de soi.

ellipse @ 23:20
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> Même tout donner n’est pas forcément suffire.

Posté le Vendredi 3 octobre 2008

Toute la semaine j’ai salué Bénabar sur la grande affiche en sortant du métro. Je me suis enterrée chez moi, fâchée avec ma sœur, forcée à prendre un vrai petit déjeuner, astreinte à manger 5 fruits et légumes par jour, et puis j’ai attrapé un rhume qui m’empêche de dormir. Première étape samedi, la gorge qui gratte mais j’ai décidé sur un coup de tête de rentrer chez Lui après le travail, parce que comme mes parents sont absents ce sera un des seuls week-end ou je n’aurai pas à partager mon temps, et seulement rester avec lui. Et ne rien faire à part me remplir le ventre de la vraie viande de sa maman, et câliner. Savourer Dimanche le calme de la gare, le train qui ne fait pas de bruit, mes écouteurs qui tout à fait par hasard enchaînent les titres posés, pas de cris, rien. Juste, j’ai super mal à la gorge. Mais j’m’en fous parce que chaque entrevue avec Lui révèle des nouveaux secrets et des nouvelles expériences… fructueuses.

Et puis reprendre le travail. Revoir Mr I. qui nous fait chier avec son bouquin sur les nouvelles particules et qui revient à la charge tous les jours (ce livre n’a juste pas encore été écrit). Assumer les réflexions de quelques vieilles connasses, vraiment, rappelez-moi de ne jamais ouvrir quoi que ce soit dans un quartier de bourges.
En fait j’voudrais te raconter plein de choses. Le moral qui fait des hauts et des bas, mes efforts pour rester plus souvent en haut qu’en bas. Y’a des trucs qui me font sourire, la petite fille qui vient à la librairie tous les soirs s’asseoir dans le coin des bds, elle n’achète jamais rien mais on la connaît bien. Les chatouilles dans le lit le soir, et quand il dit « je rentrerai demain » en sous entendant qu’il dormira avec moi une nuit de plus. La tartiflette et la robe noire. Toutes ces petites paroles qui viennent de lui et dont il ne se rend peut-être pas compte de la portée. La petite ballade à St Paul et le coup de fil de Mathilde. Résoudre les problèmes de L et lire un message qui fait plaisir en rentrant du travail. Juste, de s’arrêter devant l’agence immobilière pour regarder, et la réunion des couples à la laverie du coin. C’est une drôle d’affaire, ça. Tu vois, je suis partagée. D’abord parce que je suis jalouse, et que même si c’est un fait, je ne peux pas faire autrement, oui il y a eu d’autres filles avant moi, dont il se fout aujourd’hui, mais. J’aime pas ne pas avoir l’exclusivité. J’aime pas imaginer que certains mots dits pour moi ont déjà été dits pour une autre qui n’a pas su les respecter. Habiter ensemble c’est un chouette projet qui prend tournure. Tout du moins vocalement. Disons qu’on en parle quoi. Ca me réjouit, beaucoup. Mais. Et si ça se passait mal ? Si lui aussi il avait la trouille d’une autre mauvaise expérience ? Si on se perdait pour un caprice ? Pire : si on perdait nos mots ? Tu sais, la réjouissance de nous retrouver après quelques jours de séparation, le bonheur de me blottir au chaud contre lui, est ce qu’on saura toujours apprécier ça si on l’a tout le temps ? Je refuse de perdre ça, c’est tout le meilleur… Surtout je veux pas qu’on se déçoive. Alors du coup dans le métro ce soir (le métro est comme mon psy, je pense beaucoup quand on est ensemble) je sais pas j’ai paniqué. Je pense pas lui en parler parce que je me connais, je flippe tout le temps pour rien, puis j’aurai trop peur qu’il se rétracte, qu’il change d’avis, qu’il me dise « on attendra plus longtemps ». Tu sais comme je suis capricieuse. Ce truc pour moi, c’est l’aventure. Je me suis jamais imaginée vivre avec un amoureux quand j’étais chez mes parents. Je voulais partir de chez moi oui, mais j’avais toujours pensé vivre seule toute ma vie. C’est juste pas possible, je veux pas. Je Le veux. Alors forcément tu vois, ça me grandit, 2008 me grandit énormément, tellement qu’à y repenser ça fiche la trouille. Je peux plus revenir en arrière, je peux plus… retourner vivre chez mes parents, je peux plus réveiller ma mère en pleine nuit quand j’ai la crève ou lui demander d’aller pour moi à la pharmacie. C’est trop tard pour tourner la page et relire les lignes râtées.  C’est bien dans un sens, mais. J’sais pas, j’me contredit tout le temps. Je… Je m’aime pas trop, en ce moment. Mais j’pleure plus et je petit-déjeune le matin, alors… je suppose qu’on peut pas tout avoir. Je ferai avec, je suis une professionnelle du dépassement de soi, je joue avec moi comme on joue avec ce truc dans les fêtes foraines, tu sais les petites têtes qui sortent alternativement et qu’il faut écraser avec un marteau. J’écrase des bouts de moi. Je Lui dit pas la moitié de tout ce que je pense en bien. Toujours cette peut de l’oppresser. Et puis ce truc malsain de vouloir connaître tout d’avant moi. Mais tu vois, tout ça j’m’en rends compte quand il n’est pas là. Je vais beaucoup mieux quand il est là, je me pose pas de questions à la con (sauf parfois quand il s’endort avant moi), j’ai peur de rien. Et dès qu’il est sorti à Gare de Lyon ce matin, moi je continuais sur la Défense, bah paf, j’ai retrouvé tous mes démons. J’essaye de relativiser, la maladie des questions à la con, ça touche sûrement tout le monde…Sauf Lui. Qui n’a jamais peur de rien.
Oh et puis ça me saoule tout ça. Pourquoi on n’arrêterait pas un peu de trop anticiper, et on laisserait venir. Ne retenir que le meilleur, compter seulement les jours jusqu’à ce qu’on se revoit. Puis y’a aussi que j’ressemble à ma mère. J’l’empêche d’équilibrer les taches, c’est mal. C’est maaaal.

 

Maman m’appelle régulièrement. Papa souffre à 37°2 de température, c’est pour te dire. Ca ne mérite pas plus de commentaire. Cette histoire ne se règlera jamais. Tu vois, la semaine dernière j’avais l’impression que je ne serai jamais bien nulle part. Ni chez mes parents, ni ici à Paris. Je voulais seulement Lui. Et ce soir là j’étais très énervée à cause de ma sœur, j’ai pleuré un peu, je l’ai appelé et il était sorti, du coup ça m’a encore plus fâchée… jusqu’à ce que j’apprenne qu’il était fâché lui aussi pour une autre raison. Alors ça m’a plus qu’on soit synchro, finalement. Je me suis dit que si on avait passé la soirée ensemble ce jour là, on aurait tous les deux évité ça. C’est devenu évident.
C’est évident. C’est juste flippant.
J’hyper-ventile de Lui.

ellipse @ 21:08
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All apologies.

Posté le Jeudi 25 septembre 2008

« Je suis un sims », je lui ai dit. J’ai une barrette de niveau spécialement pour toi. Mon moral dégringole, tu viens, et tout va mieux. Une énième secousse sismique, du cœur et du corps, au téléphone. Je sais pas, passé 21h j’ai été assaillie de doutes, je savais plus lui, je savais plus moi, il manquait quelque chose mais je ne savais pas quoi, fallait purger tout ça, alors j’ai du raccrocher très vite et l’appeler au secours. Et puis cette nuit il y a eu des histoires de buildings empilés et de gaz émis. Pour prouver la puissance de tout « ça ».  J’ai retenu tout plein de choses qu’il a dites comme autant de preuves tangibles pour mes soirs de tristesse. J’crois que ça ne sert à rien que je m’inquiète outre mesure, il fera toujours ce qu’il faut pour moi, et ça fait du bien putain, de se sentir soutenue. C’est comme les danseuses tu sais, toute molles et juste soulevées par un bras puissant dans le creux du dos. Je suis ça. Mais j’fais attention parce qu’au bout du moment il va avoir des crampes. J’ai peur de la crampe, tu vois. Il dit des « toujours », mais ça implique que j’arrête mon cirque de fille faible, je le sais. Ca prendra du temps, mais j’ai déjà fait pire, je peux gommer ça. J’m’en veux souvent, de lui infliger mon « moi » version négatif.
Birds flying high, you know how i feel.

J’ai plus besoin de mots, il comprend tout. Je suis la fille la plus fière du monde, de l’avoir.
Dans un demi-sommeil « je veux rester avec toi », je le fais répéter. Ca y est tu sais, je crois qu’on a passé une étape importante. L’impression qu’au bout d’un an un bilan s’imposait, c’était ça, mes doutes. On est repartis, maintenant. Avec des nouveaux projets. Qu’importe les portes qu’on se prendra dans la figure. Toute seule, je suis molle, avec lui j’peux tout faire.

 

Puis il y a eu cette soirée entre parenthèses qui m’a mis la tête à l’envers. Une soirée qui ne me ressemble pas. Entre alcool, cigarettes et confidences, dans un petit coin de bar, puis chez moi. Chuchoter pour parler du passé, comme si on frôlait d’abord les plaies pour en rapprocher les bords avant de coudre, tournons une page puisqu’il le faut. « J’ai été un connard avec toi ». Ouai, comme beaucoup mais qu’importe puisqu’on a 20 ans et qu’on n’est pas rancuniers. Tu m’as brisée, mais j’me soigne. Il y a eu beaucoup de chaleur, des excuses qu’on attendait plus, et c’est comme si on nettoyait les cœurs. Comme si on y faisait de la place. « Tu sais que j’ai eu beaucoup de mal après toi ». C’est dur d’accuser quelqu’un de ça. Expliquer la maladie sans entrer trop dans les détails, profiter de la médecine même s’il a raté son année, lui apprendre les règles du Ku Klux Klan à lui, l’homme qui sait tout. Il y a eu cette hauteur de voix, tu sais, qui traduit le « j’ai mal ». La difficulté à s’exprimer. « Je pleure jamais, j’aimerais bien ». Si tu savais. Il y a toujours, au fond du fond, bien caché, le constat qu’Elle sera toujours la préférée. C’est peinant, vexant, mais j’assume. Quelqu’un m’aime pour ce que je suis, et c’est louable.
J’ai été ravie de retrouver un T. plein de confiance en moi, qui m’a parlé comme jamais, et je me suis sentie utile, nos points communs sont plus nombreux qu’on ne le pensait. Même avec cette impression bizarre d’avoir raté quelque chose, durant toutes ces années de non-dits, l’autre soir j’ai gagné un vrai ami. Il y a une histoire d’amour cachée derrière l’alcool, L. qui doute, qui hésite, qui boit, pleure un peu quand on se rue sur elle, nous trois en même temps pour la consoler, et décide de rompre, et puis il y a moi qui la connais trop bien et l’empêche de faire une bêtise. Une soirée où l’on fait n’importe quoi, un bond dans le temps, quatre ans en arrière, la belle époque où on se voyait tout le temps. L’alcool fait dire beaucoup de choses utiles, je l’aime. Mais j’aime moins le lendemain, avec seulement quatre petites heures de dodo mouvementé. Devoir mettre un pied devant l’autre avec le cœur en coton, m’endormir dans le métro, et travailler pourtant, du mieux que je peux parce que ce boulot il FAUT que ça marche, c’est important.
Rentrer fatiguée, mais ce soir Il vient, alors. Ranger les bouteilles de bière qui traine partout. C’était une soirée vraiment chouette. Et là dedans, au milieu du marasme de mes trois amis, j’ai réalisé comme je n’avais pas à me plaindre. Il conclue en m’offrant enfin l’amulette que je lui avais demandé, et lorsqu’il a sorti la petite boite format boite à bijoux, j’ai senti mon cœur se soulever. T’imagines si ? La seconde d’après, je me fous de ma gueule en silence.

 

Je suis devenue fainéante. Je ne lis plus qu’un ou deux livres par semaine, et je traîne, mais je savoure. Les frissons en visitant la Russie de Nicolas II, je suis fascinée. Un jour j’irai. Il y les clients récurrents qui m’apprécient je crois, je vais finir par y faire mon trou, dans cette boutique. Il y a l’exposition Sophie Calle qui me tend les bras, et mon compte en banque qui fait la gueule pendant que l’automne s’installe. Les chansons qu’il m’a fait écouter tournent en boucle dans ma chaîne, je cherche une connexion permanente avec lui pour vaincre la distance. La solution, c’est juste d’attendre.
J’attends aussi la sortie en poche des tous ces romans qui me touchent loin.
Je ne te parlerai pas de mes parents. Parce que ma couche de problème est suffisante.

ellipse @ 19:32
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Tièdeur.

Posté le Dimanche 21 septembre 2008

J’essaye d’imaginer comment ce serait si je n’avais aucune attache. Tu sais, en vivant seule à Paris sans que personne ne me manque. Je suis en week-end, c’est mon dernier de deux jours avant la prochaine semaine de cours au CFA. Je fais rien. C’est pas que je m’ennuie, c’est que j’ai l’impression de perdre mon temps. Il est à Center Parc, je savais pas quand il partait, je sais pas quand il revient. J’ai vu une copine, j’ai appelé plein de gens. Je suis pas vraiment sortie. Juste un milkshake chocolat au quick de Nation (et j’aime pas Nation, c’est fou), on a discuté une heure, j’ai couru jusqu’à Saint Michel en croisant les doigts, et puis. Il fait froid, j’aime pas. Je suis pas sûre que mes « collègues » m’aiment bien, j’ai du être trop discrète dès les premiers jours, ils pensent peut-être que je ne suis pas intéressante. En tout cas j’ai des preuves, et ça me désole que Maman s’en fiche quand j’essaye de lui raconter. Ca me fait peur, parce que je vais être avec eux pendant deux ans. Ils me font peur, et puis l’avenir aussi. Parce que j’suis pas sûre d’arriver à avoir un jour ma librairie, l’argent, tu sais… Et je ferai quoi, alors ? Il parle de « nous », ça me fait plaisir mais c’est flou, j’arrive pas à me convaincre qu’il ne dit pas ça pour me faire plaisir. « Nous » ça doit bien être la seule chose dont j’ai vraiment envie et qui ne me fait pas peur. Au fond je préfèrerais réussir « nous » qu’avoir un travail. Oui, c’est n’importe quoi. C’est les gens autour qui me dérangent. Sortir à 22h dans un bar de Saint Michel, n’y trouver personne et finir par prendre un verre juste nous deux. J’étais pas rassurée de voir ces gens là, finalement je suis contente qu’on les ai ratés, je sais pas… J’aurais pu esquiver, mais il a dit qu’il voulait que je vienne, je me suis dit que ça valait bien un petit effort. J’aime pas, quand je connais pas les gens.
J’aimerais qu’il vienne me voir aujourd’hui, mais s’il rentre il sera fatigué, il ne voudra pas.

 

J’ai l’impression que c’est plus difficile depuis une semaine, c’est plus long, c’est chiant et pas motivant. Je ne fais rien de ce que j’ai envie de faire. L’impression souvent de nager dans un liquide couleur rose guimauve et d’aimer m’y prélasser. N’aimer QUE ça. Moi je vis sur le quai du métro quand on a trop chaud, ou devant Gibert Jeune quand mon portable nous interrompt en plein bisou. Je vis quand on discute dans la cuisine et que je lui apprends « à brûle pourpoint. ». Je frissonne, je l’écoute. J’y repense, et mon ventre se soulève, tu sais comme en voiture parfois, peut-être que ça le fait qu’à moi… M’en fout, des trous dans les vêtements neufs, y’a autre chose dans la vie.
Je serais putain de triste, si j’avais pas d’attaches.
J’ai plein de doutes. T’sais, à Noël tous les ans ça part en sucette, le moral, la vie, les gens, tout. J’les fais taire, je m’acharne, ça me fatigue. J’me prépare, un peu, à prendre « les froids, les brûlures en face ».. On a un horoscope 2009 pourri et incompatible.  C’est pas pour ça que j’le dis, mais… il va se passer un truc, je le sens. Un truc pas bien. C’est chiant hein, ces vieilles prémonitions à la con.
J’voudrais me faire toute petite et qu’on m’oublie. M’écraser. Arrêter de l’appeler tout le temps, arrêter d’appeler ma mère aussi, essayer de ne plus lui faire dire des trucs qu’il n’a pas envie de dire. Vraiment, y’a des jours où je me supporte très mal. J’prends trop de place. Et je ne lis que des bouquins sur la solitude, faut croire que y’a que ça qui m’attire sur les quatrièmes de couverture, peut-être ? Pourtant des fois j’suis sociable. J’comprends mal, parfois. Pi j’ai pas envie d’y réfléchir.
J’voudrais qu’il soit là. Qu’il me raconte son week-end en détails. Qu’on ait chaud ensemble au lieu que j’aie froid toute seule.

 

Quand il fait beau ça ne se voit qu’à partir de 18h, sur l’immeuble d’en face. J’en profiterais pas aujourd’hui. Je préfère nager dans ma guimauve en écoutant Da Silva, ça me repose. Parfois je break avec Ab1. C’est une journée que j’appelle « peut-être ». Je l’ai pas appelé hier. Juste, parce qu’il s’amuse, pour pas le déranger. Moi aussi j’veux partir en week-end loin d’ici. T’as remarqué comme la nuit arrive plus vite ?
Il est presque 20h, il viendra pas, hein…

ellipse @ 20:07
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Enveloppe nous, enlace moi.

Posté le Mardi 16 septembre 2008

Il y a eu le début de semaine, avec la vie en grand. Les cours, les nouveaux amis à se faire tout ça, ça me faisait peur, et puis finalement j’aime les gens, j’aime l’ambiance, c’est tout ce à quoi je m’attendais quand je suis rentrée à la fac et que je n’ai jamais eu. Enfin ! On m’attribue un surnom, on me demande d’être déléguée, je fais des efforts de sociabilité énormes qui ne me ressemblent pas, mais j’aime, et surtout je suis fière de moi. Boire un verre au bar d’en face, déjeuner en tablée de 15, la solidarité et les projets de groupe, on rit ensemble, parfois on a 12 ans mais c’est pas grave. Bien sûr tout le monde ne plaît pas, ou quelques phrases ne plaisent pas. Mais. On m’a encore dit que j’étais aigrie, plus ça va et mieux je le prends, mais même sur le ton de la plaisanterie, j’encaisse plus ou moins bien. Je suppose que ça doit être vrai… On fume trop, les blagues fusent, je parle de Lui sans arrêt, je m’en rends compte après. J’ai l’esprit vif qui rebondit sur un infime détail et me ramène à Lui.

 

Et puis il y a eu l’angoisse, la journée entière à porter son sweat pour établir un contact avec lui et lui porter chance. Ca n’a pas fonctionné, et l’on aime comme l’on déteste, avec générosité. Je l’ai aimé fort ce week-end, tellement fort pour consoler, pour rassurer son rêve qui s’écroule, et j’ai detesté ceux qui l’ont écouté et lui ont collé toute cette peine avec leur verdict à la con.
Beaucoup de larmes en peu de temps, donc, qui viennent gâcher nos retrouvailles après deux semaines de séparation. Peur de l’avenir, peur qu’il soit obligé de repartir loin de moi, je me sens avec lui et en même temps très loin, pas en mesure de comprendre assez bien, pas les mots qu’il faut, j’enchaine les paradoxes, je suis prête à m’effacer, je lui dis « si tu dois partir t’occupes pas de nous, part », et l’instant d’après je lui demande de rester, tout en refusant d’être égoïste et de m’apitoyer sur mon propre sort parce qu’aujourd’hui c’est son jour de souffrance, pas le mien. Je me suis contentée d’être là, toujours à le coller, comme s’il fallait faire le plein avant le pire. Quelques solutions se profilent à l’horizon, mais je sais bien que c’est un compromis qu’il doit faire, que ça ne lui plaît pas, et je comprends. Il ne recommencera pas une année comme celle là, il a plus la force. Moi, je voudrais être avec lui tout le temps, je voudrais la certitude et la sécurité qu’il le désire aussi, et je me retiens du mieux que je peux de le lui demander, parce que c’est pas le problème pour l’instant. Je lui déplacerais des montagnes.

 

Comme souvent dans ces cas là, les mauvaises nouvelles pleuvent de partout. Les textos d’appel au secours venant de Barcelone, Papa, mes sœurs, un licenciement, un divorce humiliant dans la famille, et la santé qui décline, j’ai peur pour moi aussi, je dois faire des examens pour être sûre. A côté de ça, écouter ma mère répéter encore et encore les mêmes choses, encaisser ses discours moralisateurs et ses réponses toutes faites qui m’horripilent ; accepter d’aller voir une daube au cinéma juste pour passer du temps avec elle, avec une seule envie : qu’il rentre à Paris et qu’on soit ensemble. Le temps est un sale petit con qui joue avec mes nerfs, il passe toujours plus vite dans les moments qu’on voudrait apprécier longtemps.
Rentrer à Paris les yeux rougis, la tête lourde d’avoir trop pleuré, et tellement contrariée de ne pas pouvoir rester avec lui encore.
Je compte les jours au lieu de compter les stations de métro entre chez moi et la librairie. Je m’intègre comme je peux dans mon équipe, je lis énormément, parfois plusieurs bouquins en même temps. Samedi c’est le dernier jour de celle à qui je pique la place, et pour moi c’est le début du vrai travail, la caisse, tout ça. Je pense que dans 15 jours on fête notre première année d’amoureux, et je revois les mots et les images d’il y a un an à la même époque, comme tout a bougé, et comme je vais bien. Comme on va bien.

 

Parfois j’ai du mal à réaliser.

Ca ne fait que deux jours, il me manque déjà beaucoup.

ellipse @ 20:53
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Posté le Dimanche 14 septembre 2008

J’te raconterais bien mais j’ai les yeux encore mouillés et je crois que malgré les quelques paillettes du début de semaine, j’ai pas du tout envie de fixer tout ça ici. Tout fout le camp…

ellipse @ 19:32
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Sombre héroïne de l’amer.

Posté le Dimanche 7 septembre 2008

Je lis, je pleure, finalement je ris très peu, mais je rêvasse beaucoup. J’ai arrêté de compter les stations de métro, des fois j’ai peur, j’me dis merde, j’ai oublié de sortir, j’ai raté l’arrêt, et puis non. Mon cahier s’étoffe de jour en jour, je n’aurais jamais cru pouvoir lire autant et en aussi peu de temps. J’ai que ça à faire. Je déplore ce besoin de placer des scènes de cul moches dans la nouvelle littérature comme si c’était indispensable. Souvent l’impression d’être à l’écart mais quoi qu’il arrive je ne baisserai pas les bras. Pour une fois, sois forte, et résiste.
Premier week-end à Paris, je passe mon samedi avec M. sur une terrasse à Odéon où, là, je ris, je ris et je fume à m’en faire dévier la voix. Puis son copain nous rejoint, nous dinons libanais, c’est le temps des grandes expériences, je regrette amèrement qu’Il ne soit pas là, ce sont ses amis avant d’être les miens et je culpabilise de sortir quand il trime comme un fou pour son oral. Sauf que si je reste chez moi, je pleure. Alors je sors, mais il reste en filigrane un peu partout. Comme une métastase du cerveau. J’suis malade de lui. On me propose de sortir après le libanais, je refuse poliment. Surtout envie de rentrer chez moi. Ca e me ressemble pas d’aller dîner à l’improviste avec des gens que je connais à peine. J’ai eu peur, en mangeant, j’ai fait un milliards de pauses. Je scrutais la salle à la recherche des toilettes, au cas où j’aurai du quitter précipitamment la table. Il fallait que ça se passe bien, pour la simple raison qu’il n’y avait pas de toilettes. Après ça, oui, surtout pas envie de prendre d’autre risque, juste, rentrer chez moi et dormir. Pi s’il est pas là pour faire la fête j’ai pas franchement envie d’y aller. J’peux pas continuer de l’appeler dès que ça ne va pas. J’peux pas le miner maintenant. C’est pas le moment. Mon rôle à moi, c’est de décrocher le téléphone quand son moral décroche. Je saurai le faire, j’vais m’écraser, c’est pénible de l’attendre mais j’vais le faire. Et après ça on aura tout le temps pour nous, pour en profiter. Il me rassure au bout du fil, me dit de ne pas pleurer, que c’est bientôt fini, qu’il peut pas, qu’il est désolé, il calme mes craintes aussi. Je l’aime pour ça. Pour ne jamais douter de nous. J’ai que lui. Je voudrais qu’il soit là toujours, je voudrais le voir tout le temps, je voudrais tout un tas de choses impossibles.

 

Papa est à l’hôpital. Une infection qui aurait pu s’aggraver. Quarante de fièvre, il tremble, réclame à boire, ne tient pas assis, ne mange toujours pas. Il est mieux là bas. Mon père crèvera de sa lâcheté, ça fait mal, mais ça fait rien. C’est moche, mais on meurt tous un jour, il souffre tellement profondément, on ne peut tellement rien faire pour lui que ce serait presque un soulagement. Pour lui, et pour nous. Mais je l’aime fort, et ça me bousille de savoir qu’il se fiche de me voir grandir, peut-être je sais pas, me marier, voir mes enfants. Il se bat ni pour lui, ni pour ma mère, ni même pour moi. Mon père s’en fout. Mon père est un sale égoïste. J’ai longtemps essayé de me mettre à sa place mais il arrive un moment où je comprends plus. Je manque de patience, j’aimerai entendre une autre mélodie que celle de la souffrance. Ca ne finira jamais… Il me manquera beaucoup. Il me manque déjà énormément rien que de le voir s’éloigner, s’enfoncer dans le noir. Mon père a été beaucoup plus fort et courageux que ça, mais il est épuisé, il a plus envie. Au fond c’est lui qu’il n’aime plus, pas nous. Je crois.

Les nouvelles fleurissent à mesure que le temps refroidit. C’est fou, c’est novembre avant l’heure, j’ai bien remarqué les feuilles par terre. Je les snobe. Je pense déjà à Noël. J’aimerai qu’on parte en vacances, en week-end, peu importe. J’aimerai qu’on ait du temps. La vie c’est une histoire de temps, et d’attente. On attend toujours quelque chose. C’est usant.
Il y a eu L qui a dormi chez moi. J’ai dit oui à contre cœur, je déteste dormir avec les gens, j’aime pas prêter mes draps. Sauf pour nous bien sûr, mais c’est différent. J’aime pas qu’elle se soit endormie à Sa place et qu’elle ait recouvert son odeur par celle d’un parfum de fille. Malgré ça, ça a été une bonne soirée, et j’étais ravie de la voir.

 

Les puces de Clignancourt en solitaire. Je regarde les fringues avec Son œil plus qu’avec le mien. Qu’est ce qui lui plairait ? Un vendeur qui m’interpelle et me demande « tout va bien mademoiselle ? ». C’est pas la première fois. J’ai donc vraiment une tête de fille triste. Ouai, j’pleure dans le métro, et alors ? Ca arrive à des tas de gens. De retour chez moi, une pulsion de souvenirs, je retourne l’appart pour trouver la boite à chaussure Fila qui contient toutes les pages imprimées de mes anciens journaux. Il me faut le Cowblog, le début d’Aurélien, l’an dernier à la même époque. Il me faut les mots, les impressions, les doutes, les motivations et les renoncements. Pour constater où j’en suis aujourd’hui. Où on en est. Je feuillette avec l’odeur de la cuisine qui se répand, et Nothing else matters en fond sonore. Ce soir je lui demanderai de me la jouer au téléphone. Besoin. Y’a le soleil qui frappe sur l’immeuble d’en face, et dimanche coule tout doucement. Aller à la laverie. M’endormir.

Faites que cette semaine passe vite.
Y’a des jours où j’me sens adulte. Ca dure pas longtemps, mais. J’aime bien.
Je regarde des classiques que je n’ai jamais vus. Des Luc Besson. Je me culturise, et j’écoute Tété parce qu’il me parle d’automne, emmitouflée dans un sweat qu’il m’a donné. Il fait froid dans mon appart. J’ai besoin de l’hiver, ça y est j’arrive dans ma phase capricieuse du temps. L’été c’est du soleil et de la chaleur, si y’a pas ça alors c’est obligé qu’il fasse très froid et pluvieux. J’aime pas la demi mesure. J’ai mangé décalé, à 20h je me force, parce que demain matin il faudra que ça aille. Première semaine d’ « école ». Paraît qu’ils nous font faire des exercices pour la timidité, il faut parler de soi devant tout le monde. Ca me dérange. Mais je crois que je vais être obligée de jouer le jeu. Tu dirais quoi toi, de toi, si on te posait la question ? T’aurais pas un peu l’impression d’être égocentrique et de faire chier tout le monde ?
J’aime pas les premiers jours, quand on connaît personne. Tu vois, je vais m’habiller de façon à être à l’aise, mais alors je ne sais pas ce que les autres vont penser de moi. Faut que je change ça, j’suis trop « la-fille-avec-ses-écouteurs-les-yeux-dans-le-vague-qui-a-l’air-fatigué, jean-troué ». J’donne pas envie. Pourtant j’suis sympa, je crois. En tout cas j’y travaille.
Je sais même pas comment on fait pour manger le midi. Je déteste ne pas savoir où je fous les pieds.
Ok ok j’avoue, j’suis un peu tendue. Ca ira mieux demain…

ellipse @ 20:22
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Sound of silence…

Posté le Dimanche 31 août 2008

 

Passée l’euphorie des premiers moments (du premier jour, en fait), c’est plutôt bon de rentrer dans sa campagne, plus près de Lui, plus près de Maman, de ses plaintes mais de sa viande qui a du goût (et c’est important après deux semaines à bouffer que du steak trop gras). Plus près de Papa qui, excepté un bisou très appuyé à mon arrivé, n’a manifesté aucune joie de me voir, après presque un mois de séparation (Papa va mal. Très mal. Genre anorexique profond et dépressif à souhait).
Qu’importe ce soir j’ai eu une victoire personnelle qui m’a arraché quelques larmes et c’est bien suffisant pour rattraper cette semaine richement angoissante.

Il est donc minuit, parents au lit, amoureux repartis maquetter chez lui, j’ai du temps pour te raconter.

Commençons par le début. La librairie. Lundi matin, la course entre la ligne 2 et la ligne 6, parce qu’ils ne m’ont pas envoyée à la bonne adresse, bonne surprise pour un premier jour déjà bien stressant. J’avais pas réussi à dormir de la nuit, j’avais pleuré tout ce que je pouvais, j’étais complètement asséchée au matin, j’avais même écrit un mail pitoyable à ma mère qui a eu l’effet escompté : elle m’a dit qu’elle m’aimait et qu’elle ne m’oublie pas. Joie. Au moins je manque à quelqu’un.
Les gens avec qui je travaille sont très gentils. Bon évidemment en une semaine je ne suis pas devenue leur grande amie de toujours, les trois se connaissent depuis minimum 6 mois forcément moi et ma sociabilité légendaire on a un peu de mal. Sourire aux blagues, histoire de, bien écouter les conseils, essayer toute seule, demander si souci (honnêteté prime : je sais pas, je demande). Il n’y a pas grand monde en ce moment, sauf les habitués du quartier (et dieu que c’est rageant, les gens du XVI°, ils peuvent être très gentils mais demandent souvent à ce que tu sois à leur service, ce que je ne supporte pas.) et masse de touristes qui veulent des plans, des guides touristiques, tout ça. On ne fait pas papeterie, inutile de demander cahier ou crayon, on les envoie sur les roses. Les gens d’aujourd’hui ne savent plus ce qu’est une librairie. Des livres, bon sang. Que des livres.
Partout. Du rêve en boite. J’enchaîne. Parce que je n’ai pas le droit de toucher à la caisse pour l’instant, et que c’est pratique d’avoir du temps pour tester les nouveautés et peaufiner les classiques. Donc en une semaine, j’ai lu six bouquins et la moitié d’un qui m’a saoulé. Du Pennac, du Zeller, le dernier V. Goby qui m’a beaucoup plu et aussi De Vigan que j’ai bien aimé. Un vieux Delerm et un autre que je ne m’en souviens pas de l’auteur. Pouvoir se servir du magasin comme d’une bibliothèque, c’est que du bonheur. J’aime pointer les livres en rayon un jour sur deux. C’est mon travail d’apprentie, le truc qui saoule tout le monde mais que j’aime faire, volontiers. 150 euros par semaine et des tickets restos, que demander de plus. Les cours à M. commencent le 8 Sept. No stress (dit-elle, présomptueuse, on verra comment tu dors la veille).
En résumé ça se passe bien, je dirai que ça ira de mieux en mieux, quand viendront les nouvelles responsabilités et les connaissances  nécessaires en littérature récente. Le quartier est chouette, la bouffe est un peu chère, mais le métro est juste à côté, et s’il fait beau je peux aller déjeuner au Troca =) Je marque doucement les petites habitudes dont j’ai besoin pour me sentir à l’aise : le café du matin à l’ouverture, la pause déjeuner le plus tard possible pour que l’après midi passe plus vite, la pause clope vers 18h quand il ne reste plus qu’une heure à tenir. J’aime les jours où je sais qu’Il sera chez moi le soir. J’aime qu’il entre avec sa propre clé et qu’il me fasse à dîner. Le reste ne compte pas.
Par contre, j’en ai marre de pleurer. Tout le temps sans prévenir, je sais plus me retenir. Parce qu’il appelle, parce qu’il vient, parce qu’il repart, parce qu’il est beau, parce que c’est bon, parce qu’il me manque. Parce que j’ai peur, souvent. Mais au fond tu vois je crois que je préfère les larmes aux nausées. Oh, si peu, cette semaine. Une bagatelle. Oublier.
Ne me secoue pas trop fort car je suis plein de larmes.

 

J’ai des tas de bonnes résolutions. Il me faut un cahier. Un cahier pour le vocabulaire et les citations que je sors des bouquins. C’est ça mon drame, dans l’histoire : ne pas pouvoir souligner mes phrases préférées. Celles qui disent tout ce que je moi je ne sais pas dire.
Un soir sur trois, quand ça ira mal, je sortirai ce fameux cahier et je le relirai, et ça passera le temps. J’espère. En tout cas je survivrai quelques heures de plus.
Je t’avoue que je supporte très mal de passer plus de temps à l’attendre qu’à le voir. J’attends trois jours, je le vois deux heures. Oh je sais les savourer, il y a eu un fou rire, des contacts et des mots qui me semblaient importants sur le moment, c’est pas le problème. Juste, ça ne me suffit pas. Deux heures. La capricieuse en moi voudrait des toujours. Et il dit des choses en lesquelles il ne croit pas, il me semble. Il répond oui à « on habitera ensemble » alors que je sais très bien qu’il veut pas. Lis Les Amants du n’importe quoi. Tu prends Amélie et tu colles ma tête dessus. Tu me comprendras mieux peut-être.

 

Et puis ce week-end comme une bouffée d’oxygène, une réunion de famille pour un anniversaire. Bien sûr il manque une sœur, trop loin pour pouvoir venir, mais. Mon neveu entre en sixième, il  a une amoureuse. Choc. Ca va être très fugace mais je vais tenter d’en saisir les meilleurs instants sous la masse de trucs que j’ai à faire dans ma campagne avant de retrouver mes immeubles. Et conduire. CONDUIRE. Ca m’avait manqué.Oublier Papa qui ne m’a adressé la parole que pour me demander d’aller lui chercher des cigarettes. Pour ça, Maman a mal pour moi; elle pleure un peu, dans la voiture. Barbouiller des pages et des pages de réflexions à la con, le serrer fort pour m’en imprégner et tenir jusqu’à ce qu’il revienne, dans deux semaines. Une eternité. Je ne supporte plus d’attendre et pourtant j’ai pas le choix. Je rêve du moment où on sera enfin libre de se voir sans prévoir.Rentrer de chez lui les yeux dans le vague, j’ai mal à la tête d’avoir trop pleuré. J’essaye d’être silencieuse, mais c’est trop tard il me connait par coeur, il sait. Il comprend sans que je lui dise. Et puis dans la journée, penser au Lauréat, et paf, « ce soir sur Paris première, soirée Dustin Hoffman. ». Le destin m’aime.

J’ai absolument rien de la fille forte qu’il voudrait que je sois. Mais j’prends sur moi, putain, j’fais que ça…

Sale période je crois.
J’me sens loin, et à l’heure actuelle quand je ne suis pas avec lui, le seul endroit où je me sens bien, c’est dans le noir sous la couette.

ellipse @ 21:39
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